François Berthet : un médecin à Annemasse au service de l'humain
C'est un médecin de famille « à l'ancienne », de ceux qui ne comptent pas leurs heures et répondent toujours présents. Installé à Annemasse depuis 2014, le Dr François Berthet est bien plus qu'un praticien : une figure bienveillante, un homme qui lutte contre la désertification médicale. Enfant du pays et grand voyageur, il pose sur sa ville un regard profondément humain, voyant dans le « grand village » annemassien le prolongement de ses aventures autour du monde.
François Berthet connaît le territoire sur le bout des doigts. Né de parents originaires d'Arthaz et de Nangy, il a vu ce coin de Haute-Savoie se métamorphoser. Avant de poser sa plaque à Annemasse, il a notamment exercé à Valleiry. Mais le docteur est aussi un homme qui a beaucoup bourlingué.
Un voyageur en blouse blanche
Esprit curieux, il a, selon ses mots, « pris son bâton de pèlerin » durant deux ans et demi pour aller à la rencontre de l'autre. De l'Arctique à l'Afrique, des États-Unis à l'Asie du Sud-Est, en passant par la Palestine et Israël, il a parcouru le monde avec une philosophie bien à lui : « L'ambiance Club Med, ce n'est pas mon truc. Moi, je veux aller à la rencontre des gens »
Ce goût de l'authenticité, il le retrouve paradoxalement chaque jour dans son cabinet annemassien. « Ce que j'aime à Annemasse, c'est que c'est un grand village multiculturel et multiethnique. Ici, j'ai l'impression de continuer mon voyage jusque dans ma salle de consultation. C'est une richesse incroyable. »
Un témoin privilégié de la transformation sociale d'Annemasse
Conscient des inégalités et des parcours de vie parfois brisés de ses patients — dont certains ont connu la guerre — il voit dans cette diversité une formidable authenticité. Ayant effectué son « Tour de France » des remplacements médicaux, de la campagne profonde aux zones de montagne, il retrouve à Annemasse cette même humanité brute qu'il chérit dans le milieu rural.
Témoin de l'évolution de la ville depuis l'ère de Robert Borrel en 1978, il juge la transformation urbaine très positive, citant l'aménagement des places de la Mairie et de la Libération. Pour lui, le tandem Annemasse-Genève évoque désormais l'union entre Villeurbanne et Lyon. Cependant, sa lucidité l'oblige à nommer les problèmes, notamment l'insécurité : « Il faut savoir nommer les problèmes pour essayer de les résoudre petit à petit, sinon les choses peuvent s'aggraver, » tout en rappelant que la mairie ne peut pas tout face aux prérogatives de l'État.
L'urgence médicale à Annemasse : stopper le « Annemasse bashing » pour attirer des médecins
En première ligne face à la pénurie de soins, le Dr Berthet a des idées claires pour l'avenir. S'il avait une baguette magique, il l'agiterait immédiatement pour améliorer l'accès aux soins. Pour attirer les jeunes confrères, il prône deux axes majeurs :
- Arrêter l'autodénigrement : « Annemasse ne mérite pas ce bashing au regard de tout ce qui a été fait et de tout ce qui reste à faire. » Pour lui, changer l'image de la ville est impératif pour donner envie aux soignants de s'y installer.
- Innover dans les structures : il suggère le développement de structures salariant médecins généralistes et spécialistes, afin de les libérer des charges et contraintes administratives de l'activité libérale.
Un engagement humaniste, pas politique
S'il soutient Dominique Lachenal, c'est parce qu'il se reconnaît dans son humanisme et sa méthode. Mais François Berthet tient à sa neutralité : « Je ne veux pas avoir d'étiquette, car j'aime profondément mon cabinet. Je veux que les gens soient à l'aise, qu'ils sachent que je reçois tout le monde, d'où qu'ils viennent et quel que soit leur mode de pensée. »
Fondamentalement antiraciste, opposé aux extrémismes et aux solutions simplistes, il porte des priorités claires pour le prochain mandat :
- Protéger le pouvoir de vivre : il insiste sur la nécessité de trouver des solutions pour que ceux qui n'ont pas un salaire suisse puissent continuer à se loger, se soigner et vivre décemment.
- L'écoute préventive : il souhaite une ville à l'écoute des problèmes des gens, capable de leur apporter de l'aide « avant que ces derniers ne dévissent. »
- Le vivre-ensemble : Continuer inlassablement à rapprocher les gens pour qu'Annemasse garde, par-dessus tout, son humanité.